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Rapport de la Cour des Comptes 2014 : les 51.000 créations de postes dans l’Education Nationale, entre pénurie des candidats et explosion des budgets.


La trajectoire de dépense pour la MIES (Mission inter-ministérielle pour l’enseignement scolaire) repart à la hausse, du fait de la fin du non-remplacement d’un départ de fonctionnaire sur deux, ainsi que la création de 54.000 emplois sur le quinquennat. Cette inversion radicale de logique rend la gestion de la masse salariale difficile à gérer. Celle-ci représentant 93% du budget de l’Education Nationale, c’est tout le budget du ministère qui est déstabilisé.

Cette volonté du gouvernement rencontre un triple obstacle : de recrutement, d’allocation des postes et de soutenabilité budgétaire.

Le problème de soutenabilité budgétaire

« Le plafond des crédits de l’enveloppe normée pour la MIES, pour l’exercice 2013, n’a pas été respecté. Un dépassement de 190 M€ est constaté. Cet écart par rapport à la trajectoire définie dans le triennal oblige à s’interroger sur la soutenabilité de la mission au-delà de l’exercice, pour les années 2014 à 2017 ». Il est à noter que cette embauche massive aura un coût d’environ 7,5 milliards sur le quinquennat, et 100 milliards sur 30 ans.

Les problèmes de recrutement

Seuls 6405 postes des 9981 qui auraient dû être créés en 2013 l’ont été. Il en manque 3622. Le déficit est critique pour les enseignants titulaires (tous niveaux confondus). Selon les prévisions du rapport, le nombre de professeurs titulaires devrait même diminuer de 116 postes entre fin 2014 et mai 2012. Au rythme actuel, la promesse du gouvernement ne sera pas tenue.

Pourquoi ? Premièrement, le nombre de départs a été plus important que prévu. Deuxièmement, l’Etat peine à trouver de nouveaux candidats avec un niveau suffisant.

Les problèmes d’allocation des postes

"Les créations se sont concentrées sur deux programmes : le second degré, qui a bénéficié de 583 ETPT en plus, et la vie de l’élève, qui a bénéficié de 1 756 ETPT supplémentaires. A l’inverse, les autres programmes ont accusé une nouvelle baisse de leur plafond d’emplois respectifs (-449 ETPT pour l’enseignement primaire, ce qui n’est pas cohérent avec la priorité affichée pour l’enseignement primaire dans la loi de refondation, et -134 pour l’enseignement privé". Alors que le gouvernement affiche depuis 2 ans l’école primaire comme l’une de ses priorités éducatives, dans les faits, celle-ci ne bénéficie même pas des créations de postes !


La politique du gouvernement en matière d’éducation repose avant tout sur le quantitatif, et non sur le qualitatif. En effet, comme le notait le rapport de la cour des comptes de 2013 qui dressait un tableau au vitriol de l’état de l’Education Nationale, celle-ci « ne souffre pas d’un manque de moyens ou d’un nombre trop faible d’enseignants, mais d’une utilisation défaillante des moyens existants ». A l’heure des restrictions budgétaires, s’intéresser aux abus du « mammouth » (heures de cours payées mais non effectuées, professeurs payés sans enseigner, etc) pourrait s’avérer une stratégie plus payante que d’augmenter encore davantage la dépense publique.

Consulter le rapport de la Cour

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