A la demande de l’Etat, la Française des jeux (FDJ) et la mission « patrimoine en péril » présidée par Stéphane Bern viennent de lancer un jeu de grattage et un tirage du loto en faveur de la réhabilitation du patrimoine. 269 projets ont été pré-selectionnés afin de recevoir une partie de l’argent récolté.

Cette mission « patrimoine » procède plus d’un coup de communication que d’une politique efficace de financement des réhabilitations urgentes dont a besoin notre patrimoine.

En effet, une fois déduite la part de la Française des jeux, des détaillants, de l’Etat (via les taxes) et des gains aux joueurs, c’est une bien mince contribution qui reviendra au final à la fondation du patrimoine. Celle-ci sera de 75 centimes pour un ticket de loto (vendu 3 euros) ou de 1,52 euros pour un ticket à gratter (vendu 15 euros).

Cette façon de financer le patrimoine se révèle jusqu’à 30 fois moins efficace qu’un simple don. En effet, il faut rappeler que les dons en faveur de la réhabilitation du patrimoine ouvrent droit à une déduction fiscale de 66 % de leur montant du montant de l’impôt sur le revenu.

Ainsi par exemple, si un contribuable fait un don de 90 euros à la fondation pour le patrimoine, son effort financier réel après déduction ne sera que de 30,60 €.

Pour la même somme de 30 euros, il pourra acheter :

- 2 jeux à gratter de la FDJ, ce qui au final ne représentera qu’un don de 3,04 € à la fondation du patrimoine.

- ou 10 tickets de loto, ce qui au final ne représentera qu’un don de 7,5 € à la fondation du patrimoine.

Au final, le financement du patrimoine risque de pâtir de ce mode de financement qui lui est beaucoup moins favorable que le régime traditionnel des dons. (Cf infographie).

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