Créer une allocation d’autonomie pour les jeunes. C’est le projet formé par l’un des principaux think tanks du PS, Terra Nova. L’allocation d’études supérieures (ALES), telle qu’elle est conçue par Terra Nova, concernerait l’ensemble des étudiants - plus de 2,3 millions en 2010. Elle se composerait d’une allocation de 500 euros par mois (chaque étudiant bénéficierait ainsi de 25 000 euros versés en 50 mensualités) et d’un prêt à taux zéros garanti par l’Etat. Si l’on s’en tient à ces critères, cette mesure coûterait aux contribuables 11,922 milliards d’euros. Une estimation encore très optimiste, affirme le CERU (Centre d’études et de recherches de l’UNI) dans une note publiée ce mois-ci. Selon son directeur, Olivier Vial, la facture s’élèverait en réalité à ... 23,2 milliards !

Cette différence s’explique par les coûts d’opportunité qu’ignore le PS : " Une mesure aussi généreuse risquerait de créer un effet d’opportunité très important et de conduire de nombreux étudiants à différer leur entrée sur le marché du travail jusqu’à ce qu’ils aient consommé l’intégralité de leurs 50 mensualités. Cela conduirait à une hausse artificielle du nombre d’étudiants", souligne le CERU. L’allocation d’autonomie proposée par Terra nova constituerait donc ce que les économistes nomment une trappe à inactivité et " maintiendrait les jeunes dans l’assistanat." Il est vrai que Terra Nova, prévoit en contrepartie, la suppression du quotient famillial ...

A propos de l'auteur
Olivier Vial

Directeur du CERU.

Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.

Après des études à Grenoble, où il obtient une maitrise d’économie, Olivier Vial poursuit ses études à l’Institut Français de Presse (IFP) à Paris.

Il a été élu au conseil d’administration du CNOUS, de 2000 à 2002. Il a également été membre de la section des "questions économiques générales et de la conjoncture" du conseil économique et social.

Il a, notamment, publié "l’école malade de l’égalitarisme". Il est également président de l’UNI.