49 % des Français ont une image négative de la jeunesse. Ils lui reprochent, notamment, d’être individualiste (70 %) et irresponsable (56 %). C’est dans ce terreau que se sont développés de nombreux préjugés sur la jeunesse, comme, par exemple, “les jeunes sont pessimistes”, “ils n’ont pas confiance en eux”, “ils veulent devenir fonctionnaires car ils ont peur de l’entreprise”, “ils sont de gauche” ....

Or, ces affirmations, bien que répétées inlassablement depuis plusieurs années, sont fausses. La dernière note du CERU, intitulée “ La jeunesse n’est plus ce qu’elle était ... tant mieux” revient sur cinq des préjugés les plus fréquents à propos des jeunes et démontre leur vacuité.

L’existence et la permanence de ces préjugés posent un problème politique, car ils sont souvent à l’origine de mesures inadaptées, tant il est hasardeux de prétendre mener une bonne politique sur la base d’un mauvais diagnostic.

L’enjeu est important. Les 18-29 ans sont près de 9,6 millions et ils représentent plus de 20 % de l’électorat. Trop souvent, la droite s’est laissée convaincre que la jeunesse était un électorat conquis d’avance aux idées et aux valeurs de gauche, et elle s’est alors contentée sans conviction de lui adresser un message qui n’était en fait qu’un simple dégradé de celui de la gauche.

Or, comme nous l’affirmons dans le titre de cette note, la jeunesse n’est plus ce qu’elle était ! Et, c’est une bonne nouvelle. Les valeurs qu’elle porte sont aujourd’hui plus proches de celles du reste de la société (famille, autorité, demande de sécurité, …) que de celles des jeunes des années 70 (rejet de la famille traditionnelle, refus de l’autorité, internationalisme, …).

Il est temps de lever certains préjugés sur la jeunesse pour qu’enfin la droite puisse s’adresser à elle sans complexe et à travers ses valeurs. En 2012, la France a rendez-vous avec sa jeunesse, la droite ne doit pas rater cette échéance.

A propos de l'auteur
Olivier Vial

Olivier Vial est président de l’UNI et directeur du CERU – centre d’études et de recherches universitaires (Le labo d’idées universitaire).

Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.

Après des études à Grenoble, où il obtient une maitrise d’économie, Olivier Vial poursuit ses études à l’Institut Français de Presse (IFP) à Paris.

Il a été élu au conseil d’administration du CNOUS, de 2000 à 2002. Il a également été membre de la section des "questions économiques générales et de la conjoncture" du conseil économique et social.

Il contribue au site Atlantico.

Il a publié "l’école malade de l’égalitarisme".