La fabrique de la peur : Comment l’activisme instrumentalise la science

Le CERU dénonce l’instrumentalisation de la science par l’activisme radical dans une nouvelle note : « La fabrique de la peur : comment l’activisme radical instrumentalise la science »

Le Centre d’Étude et de Recherche Universitaire (CERU) publie aujourd’hui une note d’analyse qui met en lumière les méthodes par lesquelles certains mouvements activistes détournent la science pour alimenter l’éco-anxiété et promouvoir un agenda politique radical.

L’éco-anxiété, un phénomène de santé publique exploité

Selon l’ADEME, 4,2 millions de Français souffrent d’éco-anxiété forte ou très forte, dont 420 000 personnes en risque psychopathologique direct. Loin d’y voir un problème à traiter, certains chercheurs et militants préfèrent l’entretenir pour « passer de l’écoanxiété à l’écocolère » et transformer des citoyens inquiets en activistes déterminés.

De la science au service de la vérité à la science au service d’une cause

La note documente comment la science a été instrumentalisé pour nourrir nos peurs, sous l’effet d’une lecture radicalisée du principe de précaution et de la mutation de l’écosystème écologiste vers la décroissance anticapitaliste. « Désormais, la cause précède les faits, la science n’a pas pour objectif de décrire le réel, mais de donner les outils pour changer de système, » souligne Olivier Vial, directeur du CERU et auteur de la note.

Trois dossiers emblématiques analysés

L’étude examine trois cas où ces méthodes ont produit des conséquences majeures :

  • Le nucléaire : La sortie du nucléaire en Allemagne a coûté 600 milliards d’euros et augmenté les émissions de CO₂ de 4,2%, malgré les recommandations scientifiques favorables à une prolongation des centrales.
  • Les PFAS : Plus de 10 000 molécules aux propriétés radicalement différentes sont amalgamées sous l’expression « polluants éternels », menaçant 3 000 emplois chez SEB/Tefal alors que les PFAS utilisés dans les poêles antiadhésives ne présentent pas de risque sanitaire avéré.
  • Les pesticides : L’affaire Séralini et la campagne des « pisseurs involontaires de glyphosate » illustrent comment des protocoles scientifiquement contestables saturent l’espace public et influencent les décisions politiques.

Un arsenal de « fake sciences » décrypté

La note identifie les techniques utilisées : cherry-picking (sélection biaisée des données), amalgame, hyperbolisation, absolutisation du risque, confusion entre corrélation et causalité.

Pour une rationalité responsable

Le CERU appelle à réhabiliter l’arbitrage bénéfices/risques, fondement d’une prise de décision démocratique responsable. « Une France appauvrie, désindustrialisée, sans marges de manœuvre budgétaire, ne sauvera pas la planète : elle l’abandonnera », avertit la note.

Face à une génération qui hérite d’une science présentée comme une menace, le CERU plaide pour transmettre aux plus jeunes non pas la peur, mais l’espoir : « avec les bons outils, les bonnes institutions et la volonté démocratique, nous pouvons construire un monde à la fois prospère et respectueux de l’environnement. »

GRANDES ÉCOLES DE COMMERCE : FOYERS DU RADICALISME ÉCOLOGIQUE

Grandes Écoles de commerce : une étude inédite révèle comment l’écologie radicale et la décroissance se sont imposées dans les cursus des meilleures business schools françaises

Le CERU (Centre d’Étude et de Recherche Universitaire) publie aujourd’hui une étude sans précédent sur la transformation des programmes des grandes Écoles de commerce françaises. Intitulée « Grandes Écoles de commerce : foyers du radicalisme écologique », cette analyse documentée de 23 pages révèle comment HEC, l’ESSEC, l’ESCP, l’EM Lyon, l’EDHEC et Sciences Po ont progressivement introduit l’enseignement d’une écologie décroissante et anticapitaliste au détriment des matières fondamentales (gestion, finance, marketing, stratégie).

Une écologie radicale aux antipodes de l’innovation

L’étude du CERU rapporte notamment que plus de 100 heures de cours sont consacrées à l’écologie dans les cursus, dont une partie est consacrée à l’Anthropocène, alors que cette théorie a été officiellement invalidée par la Commission Internationale de Stratigraphie en mars 2024. Timothée Parrique, théoricien de la décroissance affirmant que « la décroissance est incompatible avec le capitalisme », a été invité par les plus prestigieuses Grandes Écoles. 

« Apparemment, la similarité entre décroissance et récession ne vient pas à l’esprit des dirigeants de ces Écoles, ni que la croissance économique a permis de faire reculer considérablement la mortalité infantile, d’allonger l’espérance de vie, de faire baisser la famine et la misère », souligne Morgane Daury-Fauveau, Présidente du CERU et auteur de l’étude.

Des classements et accréditations qui dictent l’idéologie

L’étude révèle le rôle déterminant des classements et des accréditations (AMBA etc.) dans cette mutation radicale. La plupart d’entre eux réduisent fortement la place des critères académiques au profit des critères écologiques et sociaux. Ils créent les conditions mêmes de la transformation car une École mal classée ou peu accréditée perdrait son attractivité auprès des étudiants, des recruteurs et des investisseurs.

« Les classements ne se contentent plus d’évaluer : ils dictent la norme. Ils redéfinissent ce que doit être une grande École de commerce, non pas sur la base de sa capacité à former des managers compétents et innovants, mais selon son degré de conformité à une vision militante de la durabilité », analyse le rapport.

Des conséquences préoccupantes

Le CERU alerte sur les risques majeurs de cette dérive :

– Une défiance croissante envers la science et l’innovation : le « techno-solutionnisme » est présenté comme l’ennemi à abattre.

– Des tensions prévisibles dans les entreprises : formation de diplômés socialisés dans une culture de suspicion vis-à-vis de l’entreprise et du marché.

– Une menace pour notre compétitivité : pendant que nos Écoles forment des cadres culpabilisés par la croissance, d’autres régions du monde forment des dirigeants obsédés par l’innovation et la conquête de marchés.

– La fin du pluralisme académique : imposition d’un récit unique décroissant, anticapitaliste et alarmiste.

Un appel au pluralisme

Le CERU appelle les Écoles de commerce à restaurer le pluralisme des approches dans l’enseignement de l’écologie et réhabiliter l’innovation et le progrès technique comme solutions aux défis environnementaux.

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