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  • Pourquoi les « salles de shoot » pour les toxicomanes sont une vraie mauvaise idée

    Pourquoi les « salles de shoot » pour les toxicomanes sont une vraie mauvaise idée

    Ceux qui requièrent « l’expérimentation » de salles d’injections de drogues aux toxicomanes, médicalement assistées, avancent trois justifications: éliminer de la rue le triste spectacle de toxicomanes s’injectant leur drogue ; réduire les risques d’overdoses ainsi que de contamination par les virus du SIDA ou des hépatites ; Entrer en contact avec certains toxicomanes pour les convaincre d’entrer dans un processus de soins. Nous répondons ici à ces arguments, en montrant leurs faiblesses et faux semblants, en rappelant les dispositifs disponibles en France, et en montrant que la « réduction des risques » escomptée en comporterait divers autres, encore plus graves que ceux qu’ils prétendent combattre.

    Notons tout d’abord que notre pays n’a pas la culture de l’expérimentation ; le char de l’Etat français ne semble ne pas doté de marche arrière ; dès lors la notion d’expérimentation est un subterfuge pour l’institutionnalisation de ces salles de shoots.

    La réduction des risques encourus par les toxicomanes est une préoccupation à laquelle nous adhérons. Néanmoins, les plus grand des risques résident : dans l’accroissement du nombre des toxicomanes, que ne manquerait pas de produire une image quasi légalisée de la drogue avec l’installation d’un confort accru pour celui qui s’y adonne ; et dans un ancrage des toxicomanes dans leurs addictions.

    L’ouverture de ces salles de shoot cumulerait plusieurs aberrations :

    – L’Etat contribuerait ainsi à dédramatiser le phénomène toxicomaniaque ;

    – L’Etat organiserait la désobéissance à la loi, en finançant à l’intérieur de ces salles de shoots, ce qu’il interdit à l’extérieur (à moins de légaliser toutes les drogues, ce qui est d’ailleurs une revendication d’un certain nombre de ceux qui militent pour ces salles de shoots) ;

    – L’Etat devrait divertir (dans un contexte économique difficile) des fonds qui seraient inévitablement pris sur les structures prenant en charge, en amont, les toxicomanes, alors que ces structures déclarent manquer de moyens et que les indispensables actions de prévention des toxicomanies ne sont même pas financées.

    Cette « expérimentation » veut reproduire ce qui se fait dans quelques autres pays. On s’étonnera que depuis le temps qu’y fonctionnent ces salles de shoots, elles en soient restées au stade expérimental, quand elles n’ont pas été fermées ; ce que recommande d’ailleurs l’OICD (office international de contrôle des drogues).

    Soulignons que ces pays n’ont pas mis en place tout ce que la France a organisé en amont de ces salles de shoots : La dispensation libre des seringues ; l’échange de seringues neuves contre les seringues utilisées ; les stéribox ; dans certains centres le don de seringues ; les CAARUD (centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues) ; les CSAPA (centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie), les centres d’accueil des toxicomanes (fixes ou ambulants) ; les programmes méthadone, ou buprénorphine à haut dosage (Subutex®, dont il faut dénoncer ici qu’une part très importante de ce « Subu est », à prix d’or, scandaleusement détournée, tandis qu’il n’est presque jamais administré à doses dégressives, pour atteindre l’abstinence) ; des structures hospitalières, des cliniques spécialisées ; des associations d’accueil et de traitement des toxicomanes….

    Comment des médecins, engagés, par le serment d’Hippocrate à ne pas mettre leur savoir au service de la corruption des mœurs, pourraient concourir à l’administration des toxiques qui sont la cause de la maladie grave des toxicomanes ? L’empathie due au toxicomane, ne doit pas virer à la collusion. Comment pourraient-ils devenir complices de l’administration de ces « drogues de la rue » amenées par les toxicomanes, alors qu’ils savent que ces drogues sont très impures, adultérées par les coupages opérés en série, avec des substances souvent impures et parfois toxiques. Comment pourraient-ils admettre l’injection de solutions non stériles ? Très vite surgirait l’idée de la vente sur place d’une héroïne irréprochable (« médicale »). Comment les toxicomanes se l’achèteraient, puisque ce ne serait plus de leurs coupages de la drogue qu’ils retireraient leur quote-part… Viendrait alors, évidemment, le moment de leur offrir. Ainsi serait satisfaite la revendication ultime des toxicomanes ; « leur » drogue servie gratuitement, ad voluntatis, administrée dans des conditions confortables et de complète sécurité.

    A qui incomberait la responsabilité des exactions que pourrait commettre, ou des accidents que pourrait provoquer le toxicomane sous l’empire de la drogue qui vient de lui être injectée dans une salle de shoot ? Au médecin (grandeur et servitude !).
    Quelles doses d’héroïne ? Combien de fois par jour ? Des limites ont été fixées dans certains centres étrangers (6 fois par jour à Genève). Néanmoins, il a été mis en évidence, dans le sang de certains « clients » de ces centres, la présence de l’héroïne de la rue (que l’on sait distinguer par certaines analyses). Ainsi s’annihilent à l’extérieur les précautions mises en œuvre à l’intérieur…..

    Des particuliers et, avec eux, des édiles municipaux s’irritent que dans leur(s) rue(s), des toxicomanes s’injectent des drogues, puis laissent trainer leurs seringues…. Ils attendent de ces salles de shoots, l’amélioration de l’ambiance, sans imaginer la concentration des toxicomanes à l’entour de ces salles, leurs va et vient et le négoce opéré par les dealers. Voyant l’enthousiasme des riverains à accueillir la construction d’une prison, pourtant bien close, dans leur quartier, surgit la question : qui voudrait une salle de shoots dans le sien ?

    La prévention de la contamination par les virus du SIDA ou de l’hépatite, se pose surtout chez le jeune toxicomane, qui ne devrait pas être le client de ces salles, (à moins d’en faire les centres d’apprentissage de la toxicomanie par injection). Les toxicomanes concernés, ayant un long passé de toxicomanies soit sont déjà contaminés par ces virus, soit ont depuis l’origine de leur errance respecté une prophylaxie adaptée.
    La prévention des surdoses ne serait pas assurée, faute de pouvoir déterminer extemporanément le degré de coupage du produit amené. L’héroïne qui sera injectée sera-t’elle coupée au 4/5, (ce qui n’est pas exceptionnel), ou sera-t’elle pure ?

    Nous avons présent à l’esprit la mort d’un individu provoquée par la prescription de méthadone, après avoir fait croire à son médecin qu’il était un héroïnomane en proie aux troubles de l’abstinence. Au mieux l’appel du SAMU sera sans doute plus rapide.
    La France a fait beaucoup plus que d’autres pays n’ont fait en amont de leurs « salles de shoots » ; elle est plus que d’autres pays confrontée au péril toxicomaniaque, rien ne devrait être fait qui contribue à dédramatiser l’image de la drogue. Nous devrions mieux évaluer, mieux encadrer, mieux contrôler le fonctionnement de toutes les structures déjà mises en place, afin d’améliorer, le cas échéant, leur fonctionnement. Fort de l’interdit des drogues, tout toxicomane pris en flagrant délit de deal ou d’injection doit être confié à un centre assurant sa prise en charge pour la mise en œuvre d’un sevrage médicalement assisté, sans oublier l’efficacité des sevrages « secs » qui sont pour le moins rigoureux.

    On est très troublé que certains addictologues, que l’on n’entend jamais dans des actions de prévention des toxicomanies auprès de la jeunesse, se fassent tonitruants pour requérir la dépénalisation du cannabis et véhéments pour obtenir l’ouverture de ces salles de shoots. Cette attitude (stratégie ?), si elle est de nature à hypertrophier leur patientèle et à décupler l’importance de leur spécialité, ne saurait résoudre les problèmes des toxicomanes…

    Plus qu’une fausse bonne idée, les salles de shoots seraient, dans le dispositif français de prise en charge des toxicomanies, une vraie mauvaise idée ! .

  • Le conseil constitutionnel valide les « emplois d’avenir professeurs »

    Le conseil constitutionnel a validé le dispositif des « emplois d’avenir professeur » considérant que le législateur « n’a pas créé des emplois publics au sens de l’article 6 de la Déclaration de 1789 » et donc que le grief avancé par les députés sur la « méconnaissance du principe de l’égal accès aux emplois publics doit être écarté ».

    Le conseil constitutionnel formule, malgré tout, une « réserve de constitutionnalité » sur d’autres articles de la loi. Il juge que les personnes publiques ne sauraient recourir aux emplois d’avenir que dans le cadre de contrats de travail à durée déterminée.

    Lire la décision du conseil constitutionnel

  • Discriminations liées à l’orientation sexuelle à l’école

    Michel Teychenné, membre du conseil national du PS et ancien responsable des dossiers relatifs au mariage et à l’adoption par les couples homosexuels dans l’équipe de campagne de François Hollande, vient d’être chargé d’une mission par Vincent Peillon.

    Il est chargé d’un rapport sur les mesures à mettre en oeuvre dans les écoles et les établissements scolaires pour lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

    Ce rapport devrait être remis au ministre courant janvier 2013.

  • Les coûteuses réformes de Peillon

    Les coûteuses réformes de Peillon

    Réaction d’Olivier Vial, directeur du CERU et président de l’UNI à propos du projet de création d’une allocation d’autonomie. (cf. note réplique)

    Allocation d’autonomie étudiante : la mauvaise idée

    “Remettre à plat” les aides étudiantes et créer une allocation d’autonomie, plus exactement une « allocation d’études dans le cadre d’un parcours d’autonomie » : c’est ce que propose Gene­viève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. L’argent manquant, il ne s’agira pas cette fois de créer une aide supplémentaire mais de constituer un “pot commun” d’un montant de 4 milliards d’euros avec les ressources déjà existantes. Cette opération “à coût constant” devrait permettre de délivrer « avec plus d’efficacité et de justice sociale » une allocation qui, selon Geneviève Fioraso, sera « d’un montant suffisant ».

    Sont concernées par cette refonte : les aides au logement (aide personnalisée au logement, APL, et allocation de logement sociale, ALS), les bourses sous conditions de ressources et, surtout, la demi-part fiscale. « Une usine à gaz où chacun sera perdant, déplore Olivier Vial, président de l’Uni. Si l’on supprime la demi-part, chaque étudiant devient un foyer fiscal autonome. Ses revenus sont nuls, sauf pour ceux qui choisissent de travailler en plus. Chaque étudiant sera donc éligible à cette allocation. » Or, si tous peuvent en bénéficier, l’allocation sera mécaniquement plus faible. D’un mon­tant estimé à 130 euros, selon les pre­miers calculs du syndicat universitaire, elle sera inférieure aux allocations logement perçues aujourd’hui (190 euros pour l’APL). Quant aux parents qui ai­dent déjà souvent leurs enfants (90 % des étudiants disent percevoir une aide régulière de leur famille), la suppression de la demi-part entraînera une perte annuelle pouvant aller jusqu’à 600 euros, et qui touchera en priorité les revenus moyens.

    Dernier aspect du problème : le logement. Aujourd’hui, 1,4 million d’étudiants cherchent à se loger en dehors du domicile parental. La moitié y arrive grâce aux allocations. Si on les sup­prime, ils délaisseront le privé pour les services des Crous (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), qui seront incapables de faire face à leurs demandes.

  • Drogues: l’instauration de salles d’injection divisent les experts

    Drogues: l’instauration de salles d’injection divisent les experts

    Pour ou contre les salles d’injection de drogue en France ? Alors que la ministre de la Santé Marisol Touraine a réaffirmé dimanche soir son espoir d’expérimenter ces lieux « avant la fin de l’année », cette promesse de campagne de François Hollande soulève l’enthousiasme de certaines associations en même temps que la résistance de personnalités du monde médical.

    Les salles d’injection, actuellement illégales en France, permettent aux toxicomanes de consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d’hygiène et sous le regard attentif de professionnels de santé et de travailleurs sociaux.

    (….)

    Néanmoins, des associations de riverains, certains élus de droite, mais aussi des pharmacologues ont marqué leur refus de voir se créer des ‘salles de shoot’. Le professeur Jean Costentin, président du Centre national de prévention, d’études et de recherches en toxicomanies (CNPERT) publie lundi une note faisant valoir sa « ferme opposition » au projet d’expérimentation. Une tribune publiée au sein du CERU, le Centre d’études et de recherches universitaires, qui conseille des clubs et think-tanks de l’UMP.

    Un mauvais exemple pour la jeunesse

    Dans cette tribune, Jean Costentin refuse des « ‘squats de la santé’ où ne s’exerceraient plus les lois de la République », un mauvais exemple pour la jeunesse, ou encore l’impossibilité pour les médecins d’accepter d’observer des toxicomanes s’administrer des drogues « de pureté incertaine ».

    Selon l’INSERM, on estime en France entre 210.000 et 250.000 le nombre d’usagers problématiques de drogues.

    Depuis 2004, 140 centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues (CAARUD) ont été mis en place sur tout le territoire, portés par des structures associatives ou des établissements publics de santé. Des actions de médiation sociale y sont menées et du matériel de prévention des infections mis à disposition.

    Selon la ministre de la Santé dimanche soir sur BFM TV, plusieurs municipalités « de droite comme de gauche » sont déjà « prêtes à s’engager » pour la mise en place de salles d’injection. Des personnalités de droite y sont favorables, à commencer par l’ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

    Consulter l’intégralité de l’article sur le site du Nouvelobs.

  • Le budget 2013 Jeunesse et vie associative déchiffré

    Le budget 2013 Jeunesse et vie associative déchiffré

    « La priorité jeunesse, c’est + 7 % en 2013 et + 40 % en 2015 pour le programme Jeunesse et Vie associative par rapport à 2012. » annonce fièrement le dossier de presse du ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative. + 7%, + 40%, mais est-ce si sûr ?

    Le budget 2013 Jeunesse et vie associative déchiffré

  • Réactions des organisations de parents d’élèves suite à la concertation sur l’école

    L’APEL, l’Association des Parents d’élèves de l’Enseignement Libre

    Corinne Saliou, présidente de l’APEL, se réjouit d’avoir participé à « une vraie concertation ». Elle regrette que « que le redoublement ne soit pas supprimé, mais que l’objectif soit de baisser le nombre de redoublants ».
    En matière d’orientation, elle estime que « Comme le parent est l’ultime éducateur, il faut qu’il ait le dernier choix. Mais il faut parfois aussi faire comprendre aux parents qu’une orientation ‘choisie’ peut être revue, sur les conseils des enseignants, en fonction des résultats ou du comportement de l’élève »

    L’UNI, la fédération de la droite dans l’éducation

    « La lutte contre l’illettrisme a été soigneusement évitée, les moyens d’assurer la maîtrise des savoirs fondamentaux oubliés. L’objectif de la concertation est de fonder une école accueillante, une école de l’épanouissement, de l’éveil artistique où seront enseignés la morale laïque, l’éducation à la sexualité, la lutte contre les stéréotypes de genre et la nutrition. Cette école redessinée par des babas cool, nostalgiques de leur mai 68, est loin de celle qu’attendent les Français. » déclare l’UNI dans un communiqué de presse.
    « Les Français qui attendent un retour de l’autorité en auront pour leurs frais. L’autorité des enseignants sera encore affaiblie par les mesures annoncées ce matin. En matière d’orientation, les enseignants devront obligatoirement suivre les désirs des parents ; les mauvaises notes seront supprimées car les notes doivent « encourager les élèves ». Les devoirs à la maison seront également supprimés alors que 68% des français sont pour les devoirs à la maison », poursuit l’organisation de droite.

    La PEEP

    Déçue, la PEEP regrette par la voix de sa présidente, Mme Valérie Marty que François Hollande « n’a pas donné une vision globale de l’école ». « Alors qu’on attendait une refondation et des engagements forts, le président formule quelques propositions-gadgets comme un référent décrochage aux sein des établissements.»

    La FCPE

    La FCPE se félicite « d’avoir été entendue sur de nombreux points ». La fédération du conseil des parents d’élèves salue « les déclarations de François Hollande sur le temps scolaire, les devoirs, les notes, le redoublement. »

    La FCPE attend d’autres propositions audacieuses notamment « le poids des cartables, la pause du midi, et le temps de transport maximal, »