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Le 6 septembre 2012 à 18h13

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Tribune de Vivien Hoch, chercheur en philosophie et chercheur associé au CERU, parue dans Causeur.


M. Peillon affirme dans un entretien au JDD vouloir redresser « intellectuellement et moralement » la France par l’enseignement d’une morale laïque à l’école. Reconnaître le manque d’éducation de plus en plus problématique des jeunes générations est évidemment salutaire. Le problème est de savoir si c’est à l’école de s’en charger, et surtout sous la forme d’une « morale laïque », nul ne sachant ce que recouvre cette expression.

Au premier abord, quiconque devrait frémir lorsqu’il entend un ministre de l’éducation nationale prétendre vouloir « redresser moralement » le pays. Devrait frémir l’historien des régimes totalitaires, qui a une bonne conscience de ce qu’implique la prise en charge de la morale par les pouvoirs publics. Devrait frémir l’historien des idées, qui sait que nul n’a encore réussi à définir ce que pourrait être une morale « laïque » sans idéologie sous-jacente. D’où une inquiétude certaine…

Il est dans l’air du temps de proposer des systèmes éthiques laïcs, républicains et universalistes. Il s’agit de poursuivre l’entreprise des philosophes des Lumières, Rousseau en tête, qui proposèrent une « religion naturelle » ou « religion civile », comprenant des « propositions irréductibles » (il y a un Dieu, il faut faire le bien ) qui pourraient rassembler les hommes au-delà de leurs divergences. Une idée qui se poursuivra jusqu’au calendrier révolutionnaire de 1793, privé de toute référence religieuse.

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