Mobilisation des têtes de liste à la présidence dès régions contre la division par deux du montant des bourses au mérite

Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ont tenu le mercredi 3 juin une conférence de presse pour dénoncer la division par deux des bourses au mérite.

Les trois candidats ont critiqué vivement la décision du gouvernement de diviser par deux le montant des bourses au mérite qui ont pour but d’aider les élèves boursiers ayant obtenu une mention très bien au baccalauréat. Cette mesure très symbolique, puisqu’elle ne représente qu’une faible économie par rapport au budget de l’éducation nationale, est vivement pointée du doigt par l’opposition comme étant purement idéologique et contraire à la promotion du mérite. Pour Valérie Pécresse, « le gouvernement refuse de faire le choix de l’excellence ».

Les candidats ont tous trois annoncé leur intention, s’ils sont élus président de région, de compenser la diminution du montant de ses bourses, afin de continuer à défendre le mérite des jeunes se trouvant dans des situations économiques difficiles. Cette compensation représenterait donc environ 640 mille euros pour la région Rhône Alpes Auvergne à la présidence de laquelle Laurent Wauquiez est candidat.

A la suite de cette conférence de presse, Christian Estrosi, Guillaume Pelletier, François Sauvadet, Marc Le Fur et Xavier Bertrand, ont annoncé qu’ils mettraient eux aussi en œuvre cette compensation du montant des bourses au mérite.

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Ce qui changera à la rentrée 2015 – Circulaire

La circulaire annonce la mise en œuvre de la réforme des cycles et des programmes du primaire et du collège pour 2016 et celle du programme de l’école maternelle pour 2015. Elle prévoit plusieurs axes.

Tout d’abord, un premier axe concerne la construction d' »une école plus juste pour offrir à chaque élève un parcours de réussite ».
Le ministère cherche à mettre l’accent sur la maitrise de la langue et l’apprentissage des mathématiques, afin d’améliorer la maîtrise de la langue, lutter contre l’illettrisme et « l’innumérisme ». Une évaluation sommaire a lieu en CE2, dans le seul but d’identifier les difficultés de chaque élève afin d’adapter les besoins d’apprentissage de chacun. D’autre part l’enseignement d’une première langue vivante se fera dès le CP, et celui d’une deuxième langue vivante se fera dès la cinquième.

La circulaire réaffirme malheureusement le caractère exceptionnel du redoublement et son interdiction en maternelle. Elle énonce en parallèle la nécessité de développer des dispositifs d’aides aux élèves en difficultés, et l’accompagnement individualisé des élèves. Dans le cadre de ce qu’elle désigne comme « l’école inclusive », la circulaire prévoit des dispositifs d’accompagnement personnel et de pratiques pédagogiques différenciées. D’autre part, il est prévu le développement de dispositifs permettant aux élèves de « construire progressivement […] une véritable compétence à s’orienter ».
Des actions seront mises en place afin de favoriser l’apprentissage ainsi que l’insertion professionnelle des jeunes (les pôles de stages, actions d’accompagnement vers l’insertion professionnelle, « partenariats avec des acteurs économiques et sociaux »), et afin de lutter contre le décrochage et faciliter le retour des jeunes vers l’école.
Enfin, cet axe prévoit de développer la maitrise de l’usage des ressources et équipements numériques, sous la forme de la mise en place d’un programme de préfiguration du plan numérique dans 200 collèges et 300 écoles.

Un deuxième axe concerne la mission de l’école pour réduire les inégalités de réussite scolaire, et de promouvoir la citoyenneté.
Ce volet prévoit le développement de « moyens […] pour des écoles et des collèges en réseau dans des secteurs où la mixité sociale est absente et difficile à réaliser rapidement », ainsi que le développement des internats de réussite dans les quartiers prioritaires. Le Cned proposera dans certaines académies « une dispositif de formation en présence et à distance sur des langues rares ou peu enseignées », pour favoriser « l’attractivité d’un plus grand nombre d’établissements dans un souci de mixité sociale ».
D’autre part sont mis en avant les apprentissages: moral et civique, aux principes de la République, du « respect de la liberté et de la dignité d’autrui », de « l’égalité entre les sexes et du respect mutuel », l’éducation au développement durable, et autres sensibilisations au rejet des discriminations et à la lutte contre le harcèlement.

Le troisième axe concerne la formation des personnels éducatifs et enseignants.
Le Plan national de formation pour 2015-2016 « s’attachera à privilégier les actions portant les priorités relatives à̀ l’école maternelle, à la scolarité obligatoire, dont la réforme du collège, et à l’éducation aux valeurs de la République, dans un contexte marqué par le nécessaire développement des usages du numérique ». La formation continue va s’organiser autant de manière que individuelle que collective, par équipes, autant en ce qui concerne les enseignements disciplinaires qu’interdisciplinaires. Enfin, la formation au numérique devra être développée pour répondre au besoin d’éducation des élèves au numérique.

Service civique, seulement 32 % de l’objectif atteint

Depuis le 1er juin, le service civique est officiellement universel. Avec 73 millions d’euros supplémentaires, le but est que tous les jeunes souhaitant faire un service civique puissent s’engager. Cet objectif est loin d’être atteint.

En effet, l’universalisation du service civique suppose d’être en capacité de proposer entre 150 000 et 170 000 missions par an, or l’agence du service civique en est loin. L’AEF n’a recensé, début juin, que 6 701 missions proposées sur le portail du service civique.

Jusqu’à présent 83 % des missions étaient portées par des associations, mais pour approcher de l’objectif des 70 000 services civiques proposés en 2015, le gouvernement a sollicité les ministères et les collectivités territoriales au risque de dénaturer le dispositif.

Pour l’heure, seuls 23 000 jeunes sont engagés dans une mission de service civique sur les 70 000 attendus cette année.

Tribune : Division des bourses au mérite par deux : l’École en guerre contre l’excellence

Un arrêté ministériel du 28 mai réduit le montant des bourses au mérite. Julia Sereni, chercheur associé au CERU, déplore cette mesure, fruit d’un égalitarisme forcené.

Lire cette tribune publiée le 2 juin sur Figaro Vox.

Télécharger la tribune en pdf.
tribunejuliamerite.pdf

Division des bourses au mérite par deux : l'École en guerre contre l'excellence by CERU_publications

Réforme du collège – décryptage

Le CERU vient de publier une note pour décrypter la réforme du collège.

Cette réforme va modifier l’architecture du collège, en renforçant une organisation du primaire et du secondaire par cycles, et modifiant les grilles horaires. Elle introduit
la LV2 dès la cinquième, et organise des enseignements interdisciplinaires.

Cette réforme supprime par la même occasion les dispositifs d’excellence présents au sein des collèges: l’apprentissage des langues anciennes ainsi que les classes bilangues
et européennes. Les textes d’application de la réforme sont en cours de discussion.

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La réforme du collège – Décryptage

Bourse au mérite : le gouvernement divise leur montant par deux

Le 28 mai est paru au journal officiel un décret actant le fait que les bourses au mérite seraient divisées par deux pour la rentrée 2015, elle passe de 180€ par mois pendant 10 mois à 90€. Une mesure décidée unilatéralement par la ministre et ce, sans concertation avec les organismes étudiants.

Le 27 juillet dernier le gouvernement avait déjà tenté de supprimer en catimini le dispositif par une circulaire signée par Geneviève Fioraso alors secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et la recherche. Le conseil d’Etat annula cette décision.

Le dispositif des bourses au mérite récompense les bacheliers boursiers obtenant la mention « Très Bien » au baccalauréat.

En 1998, le gouvernement de Lionel Jospin crée l’aide au mérite : Claude Allègre était alors ministre de l’Education nationale et Ségolène Royal ministre déléguée de l’Enseignement scolaire. Cette aide répondait à la nécessité « d’orienter des étudiants méritants issus de milieux modestes vers des concours ou des formations qu’ils n’auraient pas spontanément envisagé de préparer et de leur donner les moyens matériels et moraux d’entreprendre un cursus long » (circulaire n° 2000-111 en date du 24 juillet 2000). 

En 2009 Valérie Pécresse étend cette bourse aux meilleurs étudiants de licence qui obtiennent une bourse au mérite pour leurs études en Master.
A noter que le conseil d’Etat n’a rétablit les bourses au mérite que pour les bacheliers et non pour les licenciés.

L’UNI et l’association « Touche pas à ma bourse je la mérite » ont principalement mené le combat contre le gouvernement socialiste qui souhaite supprimer cette aide récompensant les bacheliers méritants. Alors que ses actions semblaient avoir porté leurs fruits, la dernière décision de la Ministre a relancé le bras de fer.

Un projet de loi pour réagir face à la pédophilie dans les milieux éducatifs

A la suite de deux cas récents de pédophilie en Isère et en Ille-et-Vilaine, le scandale de la pédophilie en milieu éducatif a poussé des parlementaires à déposer des propositions de loi à l’Assemblée et au Sénat.

Le directeur de l’école de Villefontaine, mis en examen en mars pour des faits présumés de viol de onze élèves, avait été condamné en 2008 à six mois de prison pour avoir téléchargé des images à caractère pédopornographique. L’enquête administrative indique que dans les deux cas, en Isère et en Ille-et-Vilaine, les parquets n’avaient pas fait remonter les informations auprès des établissements employant les agents impliqués.

Le député UMP Pierre Lellouche, le 15 avril, et la sénatrice UMP Catherine Troendlé, le 12 mai, ont déposé des propositions de loi dans le but de rendre obligatoire et définitive l’interdiction d’exercer une profession amenant à être en contact avec des mineurs pour toute personne condamnée pour crime ou délit sexuel sur mineur, ainsi que la communication de ces interdictions aux organismes employeurs.

Le Ministre de l’éducation et le Garde des Sceaux, Ministre de la justice ont annoncé la préparation d’un projet de loi faisant l’objet d’une procédure accélérée, qui sera présenté le 1er juin à l’Assemblée nationale, au sein du projet de loi relatif à l’adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne, afin qu’il soit adopté avant la rentrée. Le but étant de prévenir les contacts entre enfants et prédateurs, en rendant obligatoire la transmission des condamnations des agents en contacts avec des mineurs, et de signaler les cas dès le stade des poursuites, tout en respectant le principe de la présomption d’innocence.

Najat Vallaud-Belkacem a annoncé que le cœur du projet serait une « obligation faite aux magistrats de transmettre [les] condamnations afin que derrière l’Education nationale puisse engager les poursuites disciplinaires qui s’imposent et puissent tenir à l’écart de l’école les prédateurs sexuels ».

Le logiciel Cassiopée sera développé pour signifier les cas de mise en cause de personnes au contact de mineurs et il y aura, au sein de chaque académie, la mise en place de « référent justice », pour veiller au bon suivi de ces affaires.
Cependant le projet de loi ne retient apparemment pas la disposition des propositions de loi déposées au sein des deux chambres du Parlement prévoyant de rendre obligatoire et définitive d’exercer une profession au contact de mineurs.

Maths, le niveau des élèves français chute

Une évaluation nationale des collégiens par discipline a été réalisée par le Ministère de l’éducation auprès de 8 000 élèves de 3ème dans 323 collèges publics et privés. En mathématiques, les résultats de l’évaluation, consistant à résoudre des problèmes, connaître des définitions et raisonner en algèbre et en géométrie sont particulièrement alarmants.

Un élève de 3ème sur cinq est incapable de traiter un exercice de niveau CM2. La part des élèves de niveau faible à très faible est passé de 15 à 19,5 % en six ans. Les deux groupes de niveaux moyens sont restés globalement stables, alors que la part des bons élèves a baissé de trois points (de 18,6% à 15,3%), et que celle des très bons est restée la même (9,1%), de 2008 à 2014.

Ces résultats confirment ceux de l’étude internationale Pisa de 2012, actant la baisse du niveau de la France par rapport au 65 pays de l’OCDE. En effet, la France n’est qu’à la moyenne de l’OCDE (elle obtient 495 points pour les mathématiques alors que la moyenne est à 494 points). En perdant 16 points en 9 ans, la France a perdu sa place dans la catégorie des pays situés supérieurement à la moyenne. Le rapport Pisa ajoute que le système s’est dégradé par le bas, sous le niveau 2 de compétence (sur six niveaux de compétence).

L’étude révèle d’autre part que les meilleurs résultats sont obtenus dans les collèges où l’indice de position sociale est plus élevé. Il y a en effet quatre groupes de collèges classés selon l’indice de position social moyen, et la baisse de niveau concerne les trois derniers groupes. Les moins bons sont les plus défavorisés: l’écart social se creuse donc.

Un autre élément que pointe l’étude est la réduction de l’écart de niveau entre filles et garçons: alors que les collégiens chutent de 9 points, les collégiennes chutent de 5 points, et si les garçons sont plus doués en QCM, les filles le sont plus pour les questions ouvertes.

Le bilan est donc inquiétant. Lors du brevet 2014, deux tiers des candidats ont obtenu moins de 10/20 en mathématiques, avec une moyenne de 8,6/20, alors qu’ils étaient la moitié à obtenir la moyenne en 2013.

Le ministre de l’éducation nationale Najat Vaullaud-Belkacem s’est engagé, pour remédier à ces résultats, à ce que la réforme des programmes mette l’accent sur les mathématiques, et pourtant l’Education nationale peine à recruter des professeurs, et le nombre d’heure de mathématiques va baisser avec la réforme du collège.

536 cas de radicalisation d’élèves recensés

Le mercredi 6 mai, le Ministre de l’Education nationale a été entendu par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la « surveillance des filières et des individus djihadistes », créée à la demande du député UMP Eric Ciotti. Elle a relevé que 536 élèves avaient été signalés pour suspicion de faits de radicalisation entre la rentrée de septembre 2014 et la mi-mars 2015.

Ces signalements proviennent d’appel au numéro vert mis en place par le Gouvernement il y a un an. Ils peuvent être le fait de familles contactant directement les établissements scolaires, ou encore de signalements réalisés par les équipes éducatives. Ces informations remontent jusqu’à des cellules de veille présentes dans chacune des préfectures de France.

Le Gouvernement a mis en place, en réaction à l’augmentation des cas de radicalisation en France, un numéro vert, un site web « stop djihadisme », ainsi qu’une commission d’enquête parlementaire. Cependant ces dispositifs sont limités, notamment à cause de la difficulté que peut représenter l’identification d’une radicalisation, ainsi que les moyens mis en place (pour le numéro-vert, trois anciens policiers réservistes ont été formés).

536 signalements. L’éducation nationale indique qu’il n’y a pas de profil-type des élèves qui font l’objet d’un signalement. Ils viennent de toute sorte de milieu, de toute sorte de territoire. Le plus jeune élève signalé n’a que onze ans. Les cas vont du partage d’une vidéo « inquiétante » à l’affichage clair de la radicalisation.

Suite à un signalement, divers moyens sont mis en œuvre pour stopper la radicalisation: des services sociaux et des équipes médico-sociales sont mobilisés, et des « référents » chargés d’aider des équipes éducatives ont été formés. Un livret d’information a été distribué en février dans tous les établissements.

Des établissements niçois ont récemment signalés une augmentation des demandes de dérogation pour l’instruction à domicile, pour raison religieuse.