LGBTQIA+ pour la Palestine, les intersectionnels, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît

Tribune parue le 29 octobre sur Atlantico

Les intersectionnels, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît

Mais de là à invoquer la cause des femmes et des LGBT pour justifier leur soutien à la lutte armée palestinienne, il ne faut pas manquer de souffle ! Et pourtant ! Depuis quelques jours sur les campus, comme dans les rassemblements de soutien à la Palestine, on voit fleurir des banderoles siglées « Queers pour la Palestine Libre » « Palestine is a Queer issue ! » et autres joyeusetés toutes plus incongrues les unes que les autres. Plus de 80 organisations féministes, LGBT et Queer et des personnalités comme l’actrice Adèle Haenel ou Didier Lestrade, le co-fondateur d’Act-up, viennent même de signer un appel[1] pour « dénoncer le nettoyage ethnique mené par le régime israélien en Palestine réaffirmant que la lutte pour la libération de la Palestine est aussi une cause féministe et LGBTQI+, contrairement à ce que le pinkwashing de l’État d’Israël voudrait laisser croire ». 

Comment peut-on être capable de déceler et de dénoncer les traces de pinkwashing dans la communication d’Israël, mais demeurer inapte à voir et qualifier correctement les crimes perpétrés par le Hamas : femmes enceintes éventrées, enfants démembrés, homosexuels jetés du haut d’immeubles ou victimes de « viols curatifs »[2] ?

Deux types d’attitudes semblent pouvoir expliquer un tel aveuglement sélectif. D’un côté, l’opportunisme stratégique d’une partie de la gauche anticapitaliste qui espère ainsi raviver le projet révolutionnaire en l’irriguant à la source de l’islamogauchisme. Même s’ils peuvent être conscients des horreurs commises, les adeptes de cette extrême gauche s’obligeront toujours à nier les évidences par calcul. Leur soutien« inconditionnel » à la lutte armée en Palestine s’inscrit dans la lignée et les termes déjà employés par leur grand ancien, Edwy Plenel, pour justifier l’attaque du groupe terroriste Septembre Noir contre les athlètes israéliens lors des J.O. de 1979[3]. Ce dernier écrivait : « L’action de Septembre Noir […] a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël (…) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (…) ».  Au nom de cette prétendue solidarité révolutionnaire, l’ultragauche espère en réalité profiter de la crise du Proche-Orient pour mettre le feu aux quartiers et enrôler une partie des jeunes musulmans dans leurs combats révolutionnaires contre l’Occident capitaliste et impérialiste. 

De l’autre côté, on retrouve toute une galaxie d’activistes woke. « Éveillés », ces derniers sont convaincus d’être les seuls à déceler une réalité que les autres ne perçoivent pas, celle des dominations invisibles, du racisme systémique, du schéma postcolonial, de la chape du patriarcat, voire du blantriarcat…  Ils s’emploient à rendre visibles ceux qui ont été « invisibilisés », mais ne parviennent plus à voir la réalité qui leur fait face. À leurs yeux, le monde n’est plus qu’une arène binaire où s’affrontent indéfiniment les gentils dominés contre les méchants dominants. En réalité, tous les concepts woke agissent comme des filtres déformants. Ils effacent les exactions mêmes les plus terribles des « dominés » et déforment les actions les plus banales des « dominants » jusqu’à les rendre intolérables. Ainsi, même le fait apparemment anodin de tenir la porte à une femme ou de régler la note au restaurant peut se retourner contre les hommes qui pratiquent cette forme de galanterie. Pour Valérie Rey-Robert, cette « galanterie à la française » participerait, par exemple, de la culture du viol[4]

À force de tout regarder à travers ce prisme manichéen, une porte-parole de Du Pain et des Roses, se croit légitime à déclarer juste après avoir découvert les massacres du 7 octobre : « Notre féminisme c’est pas le féminisme raciste et islamophobe de Schiappa et Borne. On est anti-impérialistes ! Le premier oppresseur des femmes, des LGBT et des enfants en Palestine, c’est l’État colonial d’Israël ! [5]».

Quelle est donc ce féminisme qu’elle oppose au féminisme raciste ? Asma Lamrabet, une docteure marocaine souvent présentée comme « progressiste » bien que proche de Tariq Ramadan, a multiplié les conférences sur les campus français pour tenter de le définir en dépassant le féminisme universaliste occidental pour proposer comme alternative le « féminisme islamique ».  Un féminisme qui justifie, par exemple, la possibilité pour les hommes de frapper leur femme, en ces termes : « il est à noter ici que nombreuses sont les femmes qui finissent, lors d’une scène conjugale, par sombrer dans l’hystérie. Par conséquent, l’expression « frappez-les » signifie donner une tape légère sur le corps, sans aucune violence et comme dernier recours »[6]. Belle leçon de féminisme, mais puisque cela participe de la lutte contre la domination blanche. Dont acte ! 

Les militants de Du Pain et des Roses poursuivent sur la même voie quand ils affirment dans un texte publié, le 17 octobre dernier, que : « la libération des femmes du monde entier passe nécessairement par la lutte contre l’impérialisme : les Palestinien·nes qui luttent pour leur autodétermination sont les allié·es des femmes et des LGBTI de France et des États-Unis contre l’impérialisme de Macron et Biden. Ces derniers soutiennent Israël au Moyen-Orient comme ils oppriment et opposent différents groupes sociaux sur le territoire national, dans le même objectif : protéger un système capitaliste patriarcal, dans lequel une minorité vit aux dépens de l’immense majorité, des peuples opprimés, des femmes et des LGBTI ». 

Qu’importe si ce discours nie la réalité que vivent les femmes et les personnes LGBT dans les pays qui appliquent la charia ! Que pèse la vérité face à la nécessité morale de mener le combat même fantasmé, en faveur de la libération des dominés ! Françoise Vergès, politologue et égérie du féminisme décolonial, enfonce encore le clou. Dans un tweet publié au lendemain de l’attaque terroriste du Hamas, elle écrit : « D’un côté une occupation coloniale avec sa violence systémique, son racisme structurel, son illusion de démocratie, le vol des terres, la torture, de l’autre un combat légitime pour la libération. Rien d’autre ». 

Rien d’autre ? Vraiment ! Ce rendent-ils seulement compte que si les idoles qu’ils défendent accèdent au pouvoir ces militants intersectionnels, LGBT, Queer seront les premiers égorgés[7] ?  


[1] Appel lancé par le collectif Du Pain et des Roses, la branche féministe et LGBT du mouvement trotskyste Révolution permanente. 

[2] Par le viol « curatif », les agresseurs prétendent « guérir » de leur mal les homosexuels et plus spécifiquement les lesbiennes en les forçant à avoir des rapports sexuels avec des hommes.

[3] Suite à une prise d’otage, 11 athlètes furent tués. 

[4] Valérie Rey-Robert, Une culture du viol à la française, édition Libertalia, Pemière édition 2019.

[5]https://twitter.com/RevPermanente/status/1716106801672860065?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1716106801672860065%7Ctwgr%5E630a79d6038c8f48fc56f9a1e4c0d4a807068958%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.revolutionpermanente.fr%2FPlus-de-80-organisations-et-personnalites-signent-une-tribune-feministe-pour-la-Palestine

[6] Elle poursuit : « Cette mesure décrite plus précisément dans le tafsîr comme étant une petite tape sur le corps est en fait une mesure plus symbolique que punitive. La loi musulmane précise qu’y recourir est exceptionnel et est soumis à des restrictions claires. Il est bien entendu que s’agissant d’une petite tape, elle ne doit en aucun cas être sévère au point de causer des blessures ou même laisser une marque sur le corps ». Asma Lamrabet, Musulmane tout simplement. Préface de Tariq Ramadan. Tawhid p.72-73. 

[7]  Le précédant iranien pourrait les inciter à mieux y réfléchir. En reprenant la terminologie coranique de la lutte entre déshérités et puissants, Khomeyni a donné l’impression que le mouvement révolutionnaire permettrait aux opprimés d’établir un nouvel ordre social. Il a ainsi bénéficier du soutien de la gauche révolutionnaire à travers le monde et au sein de son pays. Après son accession au pouvoir, ces militants comptèrent parmi les premières victimes du régime.

Décolonialistes, indigénistes… les idiots utiles du djihadisme

Par Olivier Vial, directeur du CERU, le labo d’idées universitaire

Chronique parue le 15 octobre sur Atlantico

L’ancien chef du Hamas, Khalid Meshaal, avait exhorté, dans une déclaration vidéo, les musulmans du monde entier à faire du vendredi 13 octobre la journée de la colère et du djihad. Après cet appel, un enseignant était assassiné à Arras par un jeune tchétchène fiché S. Une autre tentative d’attentat a été déjouée quelques heures plus tard dans les Yvelines. Ces nouvelles attaques sur notre sol constituent une preuve supplémentaire que le djihadisme n’a besoin d’aucune raison « objective » pour frapper ; Dominique Bernard, le professeur décédé n’était pas un colon juif, il a pourtant été lui aussi poignardé aux cris de « Allah Akbar » comme des centaines de civils israéliens quelques jours plus tôt.

Cette atrocité ne s’explique pas. Cette atrocité ne s’excuse pas. Cette atrocité doit être combattue partout avec la même détermination.

À la suite du meurtre de ce professeur héroïque qui s’est interposé entre ses élèves et le terroriste, l’émotion de la classe politique a cette fois-ci, été unanime. Heureusement ! Pourtant, difficile de ne pas être révolté à la lecture des messages d’hommage des responsables de LFI qui hier encore refusaient de condamner le terrorisme du Hamas, ou pire ceux des responsables du NPA qui appelaient en début de semaine à « l’Intifada » affirmant leur soutien aux « moyens de lutte » utilisés le 7 octobre. C’est, pourtant, la même idéologie qui a armé le bras du tueur d’Arras.

Immédiatement après le drame, le Président de la République a réaffirmé « combien l’école et la transmission sont au cœur justement de [la] lutte contre l’obscurantisme »[1]. Si seule l’ignorance faisait le lit du terrorisme ou de l’antisémitisme, comment expliquer tous ces communiqués de soutien au Hamas qui sont venus des meilleures universités et écoles du monde ?  

Quand 35 organisations étudiantes de la prestigieuse Harvard écrivent quelques heures après la découverte des massacres dans les Kiboutz qu’elles tiennent « le régime israélien pour entièrement responsable de toutes les violences qui se déroulent » dénonçant « la violence israélienne » et « les représailles coloniales »[2] ; quand dans l’antenne délocalisée de Sciences Po Paris à Menton, des étudiants publient un appel à soutenir les « résistants palestiniens de la bande de Gaza », ajoutant qu’« il ne s’agit pas d’une guerre entre deux puissances égales, mais d’une lutte entre l’oppresseur et l’opprimé, entre le colonisateur et le colonisé » [3], ce qui semble à leurs yeux légitimer toutes les exactions[4] ; quand au sein du temple des sciences sociales françaises, l’École des Hautes Études en Sciences Sociales – EHESS, le syndicat Solidaires défend les actes de la « résistance » palestinienne, ajoutant « nous nous distancions de toutes les prises de position qui, à gauche, appellent à la désescalade […], et mettent sur le même plan la violence des résistants palestiniens et celle des colons et de l’armée d’occupation israélienne »… Quand de telles positions sont diffusées par ceux qui sont censés représenter l’élite de nos formations intellectuelles, il devient légitime de s’interroger : le savoir et de brillantes études immunisent-ils encore contre l’obscurantisme ?  

Les études décoloniales : la culpabilité inextinguible de l’homme blanc

Les évènements de ces derniers jours nous répondent : à l’évidence non ! Tous les enseignements ne permettent pas de lutter contre les phénomènes de radicalisation. Certaines disciplines universitaires concourent même à biaiser le regard d’une partie de la jeunesse étudiante en posant sur la réalité un filtre idéologique qui tend à effacer les crimes des « colonisés » et de leurs descendants pour exacerber ceux des « colonisateurs » et de leurs « héritiers ».

 

Depuis près de cinquante ans, les études décoloniales et postcoloniales cherchent ainsi à débusquer dans notre culture, notre langue, notre Histoire et nos institutions, les éléments qui seraient constitutifs, selon eux, de microagressions ou d’une domination même invisible vis-à-vis des personnes « racisées ». Sur cette base, elles instruisent un procès permanent dont le coupable, désigné par avance, reste et demeure l’Homme blanc. Le syllogisme est connu : les dominants sont coupables, l’Homme blanc est dominant, il est donc par essence coupable. Gayatti Chakravotry Spivak, l’une des pionnières de la théorie postcoloniale, va proposer comme principe d’analyse et d’action politique ce qu’elle nomme « l’essentialisme stratégique » dont l’objectif consiste à s’appuyer et « à maintenir les stéréotypes au sein d’opposition binaires porteuses de pouvoir »[5]. Elle utilise le pouvoir subversif et simplificateur de cette méthode consistant à diviser le monde en une multitude de couples antagoniques : dominants / dominés, colonisateurs / colonisés … et obligeant chacun à se « positionner » selon ces nouvelles grilles.

 

Un autre binôme s’impose dans les esprits :  racisés / racistes. En effet, selon les tenants de ces courants de pensée, si vous n’êtes pas racisés, vous êtes forcément racistes. Pierre Tevanian, un militant décolonial, professeur de philosophie en banlieue parisienne, écrit : « les blancs sont en effet malades d’une maladie qui s’appelle le racisme et qui les affecte tous sur des modes différents même lorsqu’ils ne sont pas racistes »[6]. Sic !

 

C’est cette même grille de lecture binaire que l’on retrouve dans les nombreux communiqués de soutien à la Palestine à la suite des attaques terroristes du Hamas ; les Palestiniens étant « dominés », ils ne peuvent par définition pas être coupables. Le même raisonnement explique, selon les adeptes de ces théories, qu’il ne puisse exister de racisme anti-blanc. Éric Fassin, interrogé sur cette question, affirmait : « Quand vous traitez quelqu’un de sale blanc, avec quoi cela résonne-t-il ? Pas grand-chose. Cela ne renvoie pas à une histoire raciste. Il n’y a pas de racisme sans domination, et les blancs en tant que groupe n’ont jamais été dominés en France »[7]. Sans domination pas de crime, voilà le principe qu’ils essaient d’imposer.

 

Tous ces théoriciens sont les idiots utiles du djihadisme. En faisant par essence de l’Homme blanc, le salaud universel, ils entretiennent une véritable « haine de soi » au sein des nouvelles générations et de certains milieux. La réaction de l’actrice Rosanna Arquette en a été le symptôme. Elle s’est, en effet, sentie obligée de s’excuser dans un tweet : « Je suis désolée d’être née blanche et privilégiée. Cela me dégoûte. J’ai tellement honte ». En se développant, ces thèses participent à une forme de « démoralisation » de la société qui peut l’empêcher de trouver les ressources morales pour se défendre quand elle est attaquée. Dans l’art suprême de la guerre, Sun Tsu évoquait 8 préceptes permettant justement de vaincre l’ennemi sans combat. Trois d’entre eux – semer la discorde entre les citoyens, ridiculiser les traditions et dresser les jeunes contre les vieux – sont à l’œuvre dans la façon dont ces théories woke se sont développées.

Ces thèses alimentent également les braises du ressentiment parmi les personnes désignées comme « racisées ». Une haine inextinguible se développe puisque le racisme dont les minorités sont désormais censées être constamment les victimes n’est plus la conséquence d’actes ou de comportements racistes, mais sont inhérents à nos sociétés et au fait même qu’il existe des blancs. Rien ne peut donc l’éteindre. Certains militants de l’islamogauchisme espèrent profiter de la montée de cette animosité pour imposer leur agenda politique[8].

Le cocktail explosif de l’indigénisme

Cela transparaît, notamment, dans les écrits et la stratégie du Parti des Indigènes de la République. Après le 7 octobre, ce mouvement a osé saluer « l’héroïsme des combattants de Gaza » en adressant au Hamas sa « fraternité militante ». Houria Boutledja, la fondatrice de ce mouvement, s’est appuyée sur le décolonialisme pour le radicaliser et en faire un outil de mobilisation dans les quartiers. Elle a ajouté la question juive, une bonne dose d’antisémitisme à celle de la domination des blancs dans un cocktail qui pourrait devenir explosif.

Dans son livre, Les Blancs, les Juifs et nous, elle reproche aux juifs de s’être assimilés à la Nation française et d’en avoir épousé les principes républicains. Elle les accuse d’être ainsi devenus les « dhimmis de la République » et les « tirailleurs sénégalais de l’impérialisme occidental »[9]. « On ne reconnaît pas un juif parce qu’il se déclare juif » poursuit-elle « mais à sa soif de vouloir se fondre dans sa blanchité […] votre zèle est trahison. Il y en a même parmi vous qui combattent le racisme anti blanc »[10].

Ce nouvel antisémitisme se fonde sur la haine des Blancs au sens large, mais aussi ce que nous sommes en tant que Français et Occidentaux. Entre le ressentiment porté par les mouvements postcoloniaux et l’antisémitisme affiché de l’indigénisme, il existe sans doute une différence de degré, mais pas de nature.

Poussant encore plus loin son délire, Houria Boutledja accuse Jean-Paul Sartre de ne pas avoir osé aller au bout de son combat contre la domination de l’Homme blanc : « Pressé d’enterrer Auschwitz et de sauver l’âme de l’homme blanc, il creuse le tombeau du Juif [en soutenant la création de l’État d’Israël]. Le Palestinien était là par hasard. Il lui écrase la gueule. La bonne conscience blanche de Sartre… C’est elle qui l’empêche d’accomplir son œuvre : liquider le Blanc. Pour exterminer le Blanc qui torture, il aurait fallu que Sartre écrive : « Abattre un Israélien, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre.  » Se résoudre à la défaite ou à la mort de l’oppresseur, fut-il Juif. C’est le pas que Sartre n’a pas su franchir. C’est là sa faillite. Le Blanc résiste. Le philosémitisme n’est-il pas le dernier refuge de l’humanisme blanc ? »[11].

 

La politique de l’autruche n’est plus possible. Le parti des indigènes de la République doit-être dissous au même titre que tous ceux qui se rendent coupables d’apologie du terrorisme, mais cela ne suffira pas. Il faut également réinvestir les sciences humaines et mieux les encadrer pour ne pas les laisser aux mains de ces adeptes de la pensée pyromane.

 

 

 


[1] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2023/10/13/declaration-du-president-emmanuel-macron-depuis-arras

[2] https://www.lefigaro.fr/international/plusieurs-associations-etudiantes-d-harvard-tiennent-israel-pour-responsable-des-violences-qui-se-deroulent-20231009

[3] https://www.lefigaro.fr/nice/boycotter-israel-sur-le-campus-de-sciences-po-menton-polemique-autour-d-etudiants-pro-palestine-20231010

[4] « Les peuples opprimés recherchent toujours la liberté et, lorsque tout le reste échoue, ils se tournent vers la violence » concluent-ils leur communiqué.

[5] Helen Pluckrose, James Lindsay, Le triomphe des impostures intellectuelles, comment les théories sur l’identité, le genre, la race gangrènent l’université, éditions H&O, 2021.

[6] Cité par Pascal Bruckner dans l’ouvrage collectif Après la déconstruction, l’université au défi des idéologies, éditions Odile Jacob, mars 2023, p.126.

[7] https://information.tv5monde.com/international/eric-fassin-les-racises-ne-sont-pas-definis-par-leur-couleur-mais-par-leur-experience

[8] Je vous invite à lire ma tribune sur le sujet parue cette semaine dans Figaro Vox.

[9] Bouteldja Houria, [2016], Les Blancs, les Juifs et nous, vers une politique de l’amour révolutionnaire, La fabrique éditions, Paris, p. 51.

[10] Ibid, p. 47.

[11] Ibid, pp.17-18.

«Les réactions après l’attaque contre Israël confirment l’emprise de l’islamogauchisme à l’université»

Par Olivier Vial, Directeur du CERU, le labo d’idées universitaire

Tribune parue le 10 octobre dans Figaro Vox

La terrible attaque terroriste qui a frappé Israël agit comme un puissant révélateur de l’emprise qu’exercent l’islamogauchisme et l’antisémitisme sur une partie de la gauche française, notamment au sein de nos universités. Aveuglés par leur idéologie, leur haine et leurs petits calculs politiciens, Jean-Luc Mélenchon et les parlementaires de La France Insoumise ont osé renvoyer dos à dos victimes et bourreaux ; et cela, alors même que les terroristes du Hamas ont lâchement attaqué des civils israéliens, bombardant et mitraillant de jeunes gens qui dansaient lors d’une Rave Party, en obligeant d’autres à sortir de leur maison pour les fusiller sur le pas de leur porte, kidnappant des jeunes filles et des personnes âgées… Le dernier bilan fait état de plus de 700 morts, de milliers de blessés et de 160 d’otages[1]. L’horreur terroriste à grande échelle ! 

Pire que le relativisme abject de ces députés de la NUPES, une grande partie de la gauche universitaire est allée jusqu’à prendre le parti des auteurs de ces massacres. Sur X (anciennement twitter), la secrétaire générale de la Fédération Syndicale Étudiante – FSE a ainsi appelé à « être solidaire de la lutte armée du peuple palestinien ». Ce mouvement, loin d’être marginal, est l’une des composantes de la deuxième organisation étudiante nationale, l’Union étudiante. Celle-ci dispose de représentants dans presque toutes les universités et les instances ministérielles. 

Quant aux militants du Poing Levé, après s’être mobilisés sur les campus pour la libération du terroriste Georges Ibrahim Abdallah et contre l’interdiction des abayas, ils font désormais front commun avec le Hamas. « À bas l’impérialisme français, fidèle allié d’Israël et soutien à la résistance palestinienne ! », écrit, par exemple, l’une des responsables du Poing levé. Ces prises de positions extrêmement radicales finissent par influencer une partie des étudiants. À l’Université Paris 8-Saint Denis, par exemple, cette organisation est devenue majoritaire et a remporté 47 % des suffrages lors des dernières élections étudiantes. Elle est désormais implantée dans 14 universités et de nombreux lycées. Affiliée au mouvement trotskyste, Révolution permanente[2], elle bénéficie du soutien de certains universitaires et chercheurs, comme Frédéric Lordon (économiste et directeur de recherche au CNRS), devenu, depuis 2016 et le mouvement Nuit debout, l’une des figures les plus écoutées des activistes.

Les mouvements antifas ne sont pas en reste. De La Jeune Garde au collectif Action Antifasciste Paris-Banlieue, tous ont épousé avec enthousiasme la cause des agresseurs d’Israël au nom de la lutte contre les « colonisateurs ». Certains[3] appellent même à des rassemblements de soutien « aux combattants » palestiniens. 

Face à cette poussée islamogauchiste, l’administration de nombreuses universités a longtemps préféré détourner le regard, coincée entre le « pas de vaguisme » et, pour certaines, une forme de complaisance. Deux jours avant l’attaque contre Israël, Solidaires étudiants organisait, par exemple, une conférence à l’université Lyon 2 sur le thème « Colonisation et apartheid israélien, quel avenir pour les Palestiniens ? » avec comme invitée vedette Maryam Abu Daqqa, l’une des représentantes du Front populaire de libération de la Palestine, une organisation classée terroriste et soupçonnée d’être impliquée dans l’attentat de la rue Copernic. Plusieurs organisations, dont l’UNI, ont exigé l’annulation de cette conférence. L’université s’est contentée de demander que cette personne ne soit ni à la tribune ni inscrite dans le programme. Cela ne l’a pas empêchée de prendre la parole depuis la salle. Cet épisode est emblématique des petites lâchetés et « accommodements » que les instances universitaires acceptent pour composer avec un courant idéologique de plus en plus influent en leur sein.

Les trotskistes de la IV° internationale à la manœuvre

La relation entre la gauche radicale et l’islamisme est ancienne. Dès 1920, à Bakou, l’Internationale communiste réunissait des représentants des peuples d’Orient pour établir une stratégie commune. Le Sultan Galiev, membre de la hiérarchie communiste centrale, avait alors remporté un véritable succès en déclarant qu’on accéderait « à la société communiste en terre d’Islam par la révolution nationale et le djihad »[4]. En 1979, les trotskystes de l’OCI ont également apporté leur soutien au régime des mollahs en Iran ; une passerelle était créée. Elle s’institutionnalisera en 2004, avec la création du Parti du respect en Angleterre, un mouvement composé d’un côté des trotskystes du Social Workers Party – SWP et de l’autre de proches du MAB, Muslim Association of Britain, une association proche des Frères musulmans. C’est le point de départ d’une nouvelle stratégie qui va également se développer en France, notamment grâce aux membres de la TSI (tendance socialiste internationale). Ces derniers forment alors un groupe appelé « Socialisme par en bas », dont l’une des principales figures sera Daniele Obono la future députée LFI, qui va tenter de s’inspirer du modèle anglais. En 2010, les membres du NPA vont ainsi se rapprocher d’Houria Bouteldja et soutenir la création du Parti des Indigènes de la République – le PIR. 

Mais, c’est surtout dans les universités que cette alliance va se développer. La gauche altermondialiste, proche du NPA, qui, à cette époque, tient le haut du pavé va se rapprocher de Tariq Ramadan et de ses fidèles dans les universités. Ce dernier fut même l’invité vedette du Forum Social européen de Londres (2004). Cette alliance entre islamiste et « gauchistes » ne s’est pas développée que dans la sphère militante, elle a également donné naissance à des concepts. En 2003, l’émergence de la notion d’islamophobie a ainsi été facilitée par la collaboration entre des universitaires, tels que Vincent Geisser du CNRS, et des groupes militants qui ont multiplié les conférences pour imposer ce terme dans le débat public et en faire une arme de dissuasion massive vis-à-vis de leurs contradicteurs. 

Une contagion au nom de l’intersectionnalité

Les études décoloniales ont ensuite pris le relais pour forger des concepts destinés à l’arsenal des militants. Ainsi, le « racisme systémique », le « privilège blanc » furent utilisés par les activistes pour dénoncer l’État, la Police et nourrir le ressentiment des minorités contre nos sociétés dans l’espoir de les inciter à se soulever. Vieil espoir trotskiste. Dans nombre de communiqués de soutien aux attaques menées par le Hamas, on retrouve les thématiques de ce courant de pensée : la lutte contre le néocolonialisme, la dénonciation du postcolonialisme occidental…

Au nom de l’intersectionnalité, tous les combats semblent désormais pouvoir être mobilisés pour défendre l’agression d’Israël. Fatima Ouassak, fondatrice du Front des mères et proche du mouvement écologiste Alternatiba, vient ainsi de tweeter : « L’écologie ne peut être que palestinienne. Si elle vise réellement à combattre la spoliation de la terre et de l’eau […] Soutien aux soulèvements de la terre palestinienne ». Elle ajoute dans un autre message : « Pendant la guerre anti coloniale en Algérie, Simone de Beauvoir ou Sartre ont pris position (sans trembler) pour la résistance algérienne, contre la France. Dans la guerre qui oppose colons et colonisés, il faut soutenir (sans trembler) le camp des colonisés ». La virulence de ces propos est calculée. La militante essaie depuis plusieurs années d’implanter l’écologie radicale dans les quartiers et dans la jeunesse. Pour cela, elle peut compter sur le soutien de nombreuses institutions. En mars dernier, elle fut ainsi l’invitée de l’université de Strasbourg et de la ville de Grenoble dans le cadre du mois décolonial. En septembre, c’est Sciences Po Rennes qui lui a offert une nouvelle tribune, quant à la marie de Paris, elle a prévu de la mettre à l’honneur en décembre prochain à l’occasion d’une rencontre sur l’écoféminisme. 

Fin septembre, un sondage de l’IFOP réalisé pour l’Union des étudiants juifs de France établissait que 9 étudiants sur 10 avaient été victimes d’actes antisémites durant leurs études. 7 % déclarent avoir même été physiquement agressés. Si nous ne voulons pas que ce type d’actes se banalise et que le conflit du Proche-Orient s’exporte davantage sur nos campus, des mesures doivent être immédiatement prises pour stopper la montée de l’islamogauchisme dans les universités (suppression des aides financières et des mises à disposition de locaux pour les associations de cette mouvance, arrêt des subventions aux colloques qui prônent ces théories…). 

Espérons que l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur se saisisse, cette fois-ci, véritablement du sujet. Avant elle, Frédérique Vidal avait fait semblant en février 2021 de lancer une enquête sur le sujet prétendant ensuite que tout était réglé et que « l’islamogauchisme et la censure étaient des problèmes du passé et la liberté d’opinion avait été restaurée à l’université »[5]. Pourtant, Le Monde a récemment révélé que cette enquête n’avait, en réalité, jamais été menée. Il est plus facile de ne rien voir, quand on fait tout pour ne pas chercher ! Mais, aujourd’hui, la politique de l’autruche n’est plus possible. La pénétration de l’islamogauchisme dans les universités et au sein de la gauche intersectionnelle vient de nous sauter aux yeux. 


[1] Ce bilan est malheureusement encore provisoire. Il a été arrêté le 9 octobre au matin. 

[2] Ce mouvement a publié un article juste après les attaques du 7 octobre avec pour titre : « Offensive surprise contre l’État colonialiste d’Israël, soutien à la résistance palestinienne ».

[3] Groupe antifa lyonnais. 

[4] Pierre Broué, Histoire de l’Internationale communiste (1919-1943), Éditions Fayard, coll. « Histoire », 1997, 1120 p.

[5] Dans une interview sur France Info, le 15 octobre 2021.

Rediffusion de la rencontre avec Sami Biasoni

« Il y a 3 sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques » écrivait Mark Twain. Pour parler de la façon dont notre usage des chiffres faussent le débat démocratique, nous sommes heureux de recevoir, Sami Biasoni, docteur en philosophie de l’Ecole normale du supérieure de Paris, Sami Biasoni est chargé de cours à l’Ecole des sciences économiques et commerciales (ESSEC, Cergy-Pontoise), et auteur du livre Le statistiquement correct, aux éditions du CERF.

Pour suivre cette visioconférence le 30 octobre à 19 h, l’inscription est gratuite, mais obligatoire.

REPLAY de la rencontre avec Dimitri Casali, le 24 octobre

Face aux militants woke qui souhaitent déboulonner nos statues et déconstruire l’Histoire, nous échangerons avec Dimitri Casali, historien, essayiste et musicien français, auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages historiques et concepteur d’Historock vient de publier Ces statues que l’on abat ! aux éditions Plon.

Cette rencontre en visioconférence se tiendra le 24 octobre à partir de 19 h. Inscription gratuite, mais obligatoire.

Prime pour les non binaires, les subventions publiques enrôlées au service du « wokisme municipal »

Chronique publiée le 1° octobre sur Atlantico

Le 18 septembre dernier, le conseil municipal de Rennes a adopté une nouvelle méthode de calcul des subventions destinées aux associations sportives de la ville. Désormais, une partie des aides publiques sera attribuée selon des critères de genre. Plus de points, et donc potentiellement plus de subventions, seront attribués aux clubs en fonction du nombre de femmes et de personnes non-binaires parmi leurs membres. Concrètement, l’inscription d’une femme ou d’une personne non-binaire dans un club rapportera deux fois plus de subventions que celle d’un homme, le tout étant encore doublé pour les mineurs.  

L’arme budgétaire au service du « wokisme municipal [1]»

Dès avril 2021, la municipalité socialiste de Rennes avait mis en place un budget genré dans le but d’utiliser les finances municipales comme un outil de transformation politique, sociale et sociétale. La principale priorité était de renforcer « l’égalité Femme Homme ». Nadège Noisette, élue en charge des finances rappelait : « un certain nombre d’indicateurs sont désormais à notre disposition, particulièrement dans les domaines du sport, de la jeunesse, de la culture et de l’urbanisme. Avec ce budget genré, nous entendons renforcer et mettre en avant ces politiques »[2]. Ce n’était qu’une première étape. D’autres villes, comme Lyon ou Grenoble, ont poussé la budgétisation sensible au genre[3]encore plus loin. Leur idée, débusquer au sein des décisions budgétaires, tout ce qui pouvait concourir au maintien de stéréotypes de genre.

C’est ainsi que les terrains de foot ont été « canceled[4]»  de certaines cours d’école pour les remplacer par des équipements réputés « non genrés ». Les garçons étaient accusés, par la pratique de ce sport, d’imposer leur domination sur l’espace public. Pour mettre fin à ce qui était jugé, selon l’expression désormais consacrée, « problématique », le maire de Lyon, Grégory Doucet a financé le remplacement des cages de foot par des bancs, des potagers et même des « copeaux de bois »[5]. La pratique féminine de foot, dont le nombre de licenciées en France a plus que doublé ces dernières années[6], fut ainsi sacrifiée au nom de la nécessaire lutte contre les stéréotypes. Difficile de savoir qui, finalement, est le plus imprégné par ce type de clichés.

Après l’égalité Femme Homme, l’introduction du genre

« Aujourd’hui, nous nous donnons les moyens de l’ambition », claironne Sélène Tonon, première élue transgenre de Rennes, en charge des musées, pour justifier la nouvelle politique de subvention de sa ville. « De l’ambition, de la mixité et d’un véritable budget égalitaire qui serait débarrassé des stéréotypes de genre et du bonus dont les pratiques les plus viriles et un certain entre-soi ont pu profiter jusqu’ici[7] », poursuit-elle d’un ton revanchard. En réalité, ce nouveau dispositif permet au wokisme municipal de franchir plusieurs étapes supplémentaires.

D’abord, il vise à changer notre conception du sport en l’accusant d’être « viriliste ». Notons que ce qualificatif semble, dans l’esprit des élus de la majorité rennaise, suffisant pour discréditer la pratique du sport actuelle ; la virilité n’étant plus seulement l’antonyme de la féminité, mais un mal toxique dont nous devons nous libérer. Sélène Tonon poursuit : « L’ancienne grille favorisait, de façon involontaire sans doute, un certain nombre de critères qui sont encore aujourd’hui le reflet de la pratique masculine du sport […]. Nous tenions alors un discours paradoxal, car alors que tout le monde est théoriquement d’accord pour valoriser les pratiques sportives des femmes et aller vers l’inclusion envers toutes et tous, la mixité sociale. Pourtant les clubs étaient obligés de courir vers les médailles et de valoriser à tout prix une certaine forme d’élitisme de la performance. Et nous savons aujourd’hui et tous les travaux de sociologie le prouve à quel point les contextes compétitifs sont un frein sérieux à la mixité de genre et donc à la pratique féminine du sport ». On peut s’interroger, est-ce « les contextes compétitifs » ou l’introduction des critères de genre – notamment la possibilité pour des sportifs nés hommes de concourir dans des épreuves féminines – qui menacent à terme la pratique féminine du sport ?

En effet, cette délibération de la ville de Rennes en introduisant la notion de personnes non-binaires marque une véritable rupture. La notion de « non-binarité » est l’exemple même d’une identité de genre exclusivement fondée sur le ressenti de la personne. Cela signifie que désormais les clubs sportifs rennais ne devront plus inscrire leurs membres en fonction de leur sexe biologique, mais exclusivement selon leur identité de genre ressentie. Une personne née homme peut, rappelons-le, se définir en tant que femme, même si elle n’a entrepris aucune transition médicale et/ou hormonale. Tout cela n’est basé que sur ce que déclare la personne concernée. Impossible de le contester ou de le contrôler, ce qui pourra ouvrir un moyen pour certains clubs de frauder en déclarant de fausses personnes non-binaires.

Cependant, le principal danger n’est pas là. Le dispositif concerne également les mineurs. Cela va obliger l’écrasante majorité des enfants à se poser des questions qu’ils ne se posaient pas. Est-on obligé de demander à un jeune garçon de 5 ans s’il se sent garçon ou fille ou même non binaire avant de l’inscrire au basket ? En banalisant ce type de questionnement, on risque de renforcer ce que le Pr. Mickael Landen, un pionnier des questions liées à la transidentité en Suède, désigne comme « une contagion psychologique liée à la culture ». « Si les jeunes adolescents sont encouragés à réfléchir à leur identité de genre et si on leur apprend que la dysphorie de genre est une variante normale, il n’est pas improbable que certains jeunes orientent leur recherche d’identité vers l’identité de genre »[8]. Le Dr. Lisa Littman, de l’université de Brown aux USA, constate la même chose et parle de risque de « contagion sociale ».

Quant aux enfants et adolescents qui se questionnent déjà sur leur identité de genre, il existe un risque à l’officialiser trop tôt, ce qui peut les enfermer dans leur choix. En effet, « la dysphorie de genre dans l’enfance ne persiste pas forcément à l’âge adulte. Selon des études longitudinales faites chez les enfants prépubères (principalement des garçons) adressés à des services spécialisés pour une évaluation de dysphorie de genre, on n’en retrouve la persistance à l’âge adulte que pour 6 à 23 % des sujets. Les garçons faisant partie de ces études étaient plus souvent identifiés comme homosexuels que comme transgenre une fois adulte. Des études plus récentes, incluant également des filles, ont montré un taux de persistance à l’âge adulte de la dysphorie entre 12 et 27 % »[9]. Chez la plupart des enfants, la dysphorie de genre va donc disparaître avant ou après la puberté. Un diagnostic trop précoce et l’inscription dans un processus de transition : transition sociale (changement de genre et de prénom), transition hormonale ensuite (bloqueurs de puberté) empêche cette résolution « spontanée »[10].

Dans un communiqué du 28 février 2022, l’Académie de médecine[11] a appelé à faire preuve de prudence concernant les questions de transidentité de genre chez les enfants et les adolescents soulignant qu’aujourd’hui nous n’étions pas en mesure de faire la différence entre une dysphorie transitoire et une dysphorie structurelle. L’Académie met en garde contre « un phénomène d’allure épidémique » que le type de projet, sans doute plein de bons sentiments proposés par la Mairie de Rennes, ne fera que renforcer.


[1] Selon la formule d’Elisabeth Levy.

[2] https://www.lesfameuses.com/la-ville-de-rennes-adopte-un-budget-genre/

[3] Le budget sensible au genre (BSG) a été mis en place la première fois en 1984 en Australie. Cette approche vise à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes en intégrant le genre comme un élément essentiel dans la répartition budgétaire en amont de tout projet urbain. Il s’agit d’examiner si la collecte et la distribution des ressources financières renforcent ou diminuent les inégalités entre les sexes, et de proposer des ajustements budgétaires en conséquence. Présentation du concept en vidéo.

[4] Effacé, en référence à la Cancel culture.

[5] Cela n’a pas été du gout de tous les élèves, comme en témoigne cette vidéo.  https://youtu.be/fxLdLL4tWjM

[6] Plus de 220 000 femmes sont licenciée dans un club de foot en 2023, ce qui n’est que la partie émergée de la pratique féminine de ce sport. https://www.fff.fr/article/9805-les-chiffres-cles-du-football-feminin-en-2023.html

[7]https://www.youtube.com/watch?v=tv6P7cYbpGc

[8] Ökningen av könsdysphori ho sunga tarvar eftertanke, Pr. Mickael Landen, Läkartidiningen. 2019, 116/FSHM, cité in Détrans les Cassandre de la communauté trans, note du CERU, Olivier Vial, Juin 2002

[9] Standards de soins pour la Santé des personnes transsexuelles, transgenres et de genre non-conforme (2012), The World Professional Association for Transgender health, p.12

[10]https://www.ceru.fr/detrans-les-cassandre-de-la-communaute-trans/

[11]https://www.academie-medecine.fr/la-medecine-face-a-la-transidentite-de-genre-chez-les-enfants-et-les-adolescents/